Le Monde retient son souffle

À l’heure du décompte fatidique qui déterminera le vainqueur de l’élection présidentielle américaine, les citoyens du monde entier sont tenus en haleine dans l’attente d’un résultat qui donne provisoirement la victoire à l’ancien vice-président d’Obama, Joe Biden.

Au terme de débats présidentiels houleux, bon nombre de nos concitoyens s’offusquent de l’intérêt général pour un scrutin qui se tient si loin de notre Royaume et qui, a priori, n’a pas le moindre impact sur notre quotidien.

Or, rien n’est moins sûr, l’élection américaine ne tient pas pour rien son titre d’élection globale tant l’influence et les décisions du POTUS sont retentissantes.

Jugez-vous-mêmes, l’avènement de Donald Trump a considérablement attisé les tensions avec l’Iran, allant même jusqu’à frôler le conflit armé, sans oublier les dommages (que d’aucuns jugent irréparables) pour la cause palestinienne lorsque la ville sainte de Jérusalem fut décrétée capitale d’Israël.

En dehors du champ diplomatique, Le Président sortant s’est illustré par des sorties plus que hasardeuses qui ont largement propagé les préceptes de la théorie du complot. L’homme le plus puissant de la planète a réussi à faire croire, à son électorat, qu’il était la cible des grands réseaux sociaux qui le censuraient et que le FBI lui était inféodé. Pures inepties.

Celui que ses détracteurs ont appelé, quatre années durant, le bouffon orange a fortement écorné l’image présidentielle et décomplexé le discours réactionnaire en entretenant le dialogue avec des groupes suprématistes blancs.

La perspective du retour des démocrates au pouvoir est porteuse d’espoir à bien des niveaux.

Sur le plan environnemental, le retour au sein des accords de Paris suivie de la contribution notable du Maroc lors de la COP 22 semble vital.

Pour le peuple américain, qui n’a jamais été aussi divisé, il faudra enfin considérer la surmortalité de la population noire et enfin réglementer plus fermement la prolifération des armes à feu (notamment les chargeurs de grande capacité).

L’Amérique pourra aussi éviter les dépenses colossales du mur de séparation avec le Mexique et sauvegarder l’Obama care qui prenait en charge les plus démunis de ce pays de contrastes.

L’avenir reste incertain, Donald Trump multiplie les recours et menace de ne pas quitter son poste, une posture inédite et indigne de sa fonction qui risque d’entrainer une montée des tensions entre minorités et Etats.

L’espoir est donc vif et bien que Biden ne se soit pas distingué par des prises de positions franches, il aura la charge de réinstaurer la dignité, le dialogue et la concorde dans ce pays lourdement frappé par la gestion désastreuse de l’épidémie de Coronavirus.