Transport: la Banque mondiale sort le chéquier… pour le Maroc

La Banque mondiale accorde un financement additionnel de 150 millions de dollars au Maroc, pour soutenir l’élan des réformes et le développement d’un système de transports abordables.

L’angoisse suscitée par la Covid-19 pousse de nombreux Marocains à délaisser les transports publics, parfois au profit de leur voiture, du vélo, de la trottinette, de la marche… En début de pandémie, plusieurs pays ont d’ailleurs déconseillé de se déplacer en train, tram ou bus, parfois considérés comme des sources de contamination. Au-delà de veiller au respect des mesures barrières (masque obligatoire, distanciation…), la pandémie souligne plus que jamais l’importance des investissements dans des transports publics sûrs, abordables et efficaces, d’autant plus que la demande de mobilité urbaine et de fiabilité des transports publics est en constante augmentation. Des ajustements s’imposent, notamment dans la mise en œuvre des programmes de transport urbain des pays. C’est dans ce contexte que le Maroc vient de décrocher un financement additionnel de 150 millions de dollars de la Banque mondiale. La décision a été approuvée par le Conseil des administrateurs de l’institution, tenu le 3 novembre.


«Avec ce financement additionnel, nous souhaitons aider les autorités marocaines à entretenir l’élan des réformes et développer un système de transports abordables et à la hauteur des besoins des citadins. La pandémie de Covid-19 souligne plus que jamais l’importance des investissements dans des transports publics au service de l’inclusion économique et sociale et de l’atténuation du changement climatique», fait valoir Jesko Hentschel, directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb.

Ce financement additionnel a pour finalité d’adapter le programme de transport urbain du Maroc aux nouvelles priorités en matière de mobilité et d’en étendre la portée. L’accent sera ainsi mis sur la création et l’opérationnalisation d’une structure centrale pour superviser les transports publics et sur des investissements locaux pour renforcer la performance du secteur. La nouvelle tranche de financement prévoit d’introduire des mécanismes de supervision pour rationaliser la gouvernance du secteur. Elle s’attachera davantage à apporter un appui technique et stratégique aux autorités locales responsables des transports urbains pour le développement de services durables, en réponse à la demande. Des couloirs de transport, essentiellement sous la forme de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), seront créés pour améliorer l’accès des populations aux opportunités économiques et aux services sociaux.

Plus de 40.000 usagers bénéficiaires à ce jour
Le programme a déjà produit des résultats tangibles, notamment à travers le Fonds d’accompagnement des réformes du transport urbain, qui a contribué à financer les investissements prioritaires, mais également amélioré la planification et la performance des transports urbains, ainsi que la coordination entre municipalités. De plus, en rehaussant la qualité des services fournis, les investissements déployés ont bénéficié à ce jour à 40.000 usagers des transports urbains au quotidien. À la clôture du programme, le nombre total de bénéficiaires quotidiens devrait atteindre 130.000 citadins. «Le programme entend faire naître une nouvelle dynamique en intégrant des normes d’efficacité dans toutes les instances chargées des transports urbains avec, pour objectif, d’optimiser les performances du secteur à travers notamment des investissements ciblés. Ces efforts devraient renforcer les capacités nationales et locales à planifier, mettre en œuvre et assurer le suivi du transport urbain et à améliorer la qualité des services rendus en la matière aux usagers », soutien Nabil Samir, spécialiste en transport et chef d’équipe du projet à la Banque mondiale. En plus de ce prêt, la Banque mondiale a mobilisé une assistance technique pour définir les principales mesures à introduire afin de renforcer la gouvernance du secteur et de disposer d’un système de transport urbain accessible dans les grandes villes du royaume. Lancé en 2015, le programme de transport urbain est mis en œuvre par le ministère de l’Intérieur et, à l’échelon local, par les communes. L’un de ses principaux objectifs est d’améliorer les capacités des autorités à assurer des transports publics de qualité, ou encore soutenir les investissements en matière d’infrastructures locales de transport urbain. Sa date de clôture a été prolongée jusqu’en juin 2024. Le programme s’appuie sur la stratégie nationale pour la mobilité urbaine, élaborée par le ministère avec le soutien de la Banque mondiale. 

Modeste Kouame